Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /Juin /2010 01:48

The Black Keys - Brothers

 

Deux ans après « Attack&Release », et six mois après leur escapade hip-hop dans leur projet « Blakroc », les Black Keys sont de retour avec un sixième album. S’il s’éloigne légèrement de ses recettes originelles, le duo américain reste maître dans l’art de faire du rock avec du blues et de la soul.


brothers-nouvel-album-the-black-keys-L-1.jpegMettons les choses au point d’entrée de jeu : « Brothers » est moins rapide que « Attack&Release ». Fini les riffs et les rythmes effrénés, place au dodelinement de tête. Le petit côté garage a disparu pour laisser place à une atmosphère beaucoup plus calme et mélancolique. Ce n’est pas moins bien, juste différent.

La première partie de « Brothers » est la plus proche des racines des Black Keys. Un rock tamisé de blues, et surtout des variations de tempos qui font la magie du groupe (la plus flagrante étant dans Tighten Up). L’auditeur ne perd donc pas trop ses habitudes. Et ce jusqu’à Black Mud, titre intégralement instrumental.

Ensuite, l’album prend une tournure très différente. Il paraît évident que « Blakroc » a laissé une trace dans la musicalité du duo. Travailler avec des grands noms du hip hop comme RZA ou Mos Def a apparemment marqué Dan Auerbach et Patrick Carney, au point de se croire dans un « Blakroc 2 ». On retrouve par exemple de grandes similitude entre The Go Getter et le très bon Ain’t Nothing Like You du précédent opus. La reprise de Never Gonna Give You Up d’Isaac Hayes appuie d’ailleurs le changement de ton entamé dans « Blakroc ».

L’album se finit tout en douceur avec cette fameuse reprise, puis avec These Days, sorte de slow sur lequel les ados qui ont du goût feront des ravages pour leurs boums d’anniversaire dans quelques années (à n’en pas douter, le morceau sera un classique du genre).

Les Black Keys ont donc pris un virage audacieux. « Blakroc » n’était pas un projet isolé, la basse est désormais quasi omniprésente, et la rythmique beaucoup plus ralentie que dans les précédents albums. Les fans seront peut-être déstabilisés par l’empreinte soul/hip-hop de « Brothers », mais les quinze titres (fait assez rare aujourd’hui pour être souligné) s’enchaînent malgré tout très, très bien.


Pierre Davis

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Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /Juin /2010 01:39

The Dead Weather - Sea of Cowards

 

Franche réussite pour le deuxième album du quatuor américain. Chaque membre apporte sa touche, mais Jack White et Alison Mosshart sont évidemment ceux qui laissent la plus grosse empreinte sur ce second opus.


The_Dead_Weather_-_Sea_of_Cowards.jpg Quelle frayeur. Les deux premières chansons de Sea of Cowards sont tellement proches des mélodies des White Stripes, avec en plus Jack White au chant, qu’on se sent inévitablement arnaqué : « Mais c’est pas un disque des White Stripes que je voulais ! » Ce n’est pas la qualité des morceaux qui est remise en cause, les deux étant très bons dans le pur style Icky Thump. Mais tout de même. On serait presque déçu. Heureusement, la démentielle Alison Mosshart surgit. L’album prend alors une tournure très différente. Comme si la chanteuse des Kills salissait un peu les riffs et les mélodies. Mais salir dans le bon sens, amenant une vraie touche rock à des mélodies un peu trop lisses à son goût.

Il est de toute façon impossible de ne pas aimer « The Difference Between Us », avec l’apparition de Dean Ferrita au clavier, et une guitare qui s’énerve un peu, pour le premier gros tube en puissance de cet album. Impossible de ne l’aimer donc, puisque le clavier en question reprend des accords étonnamment proches de « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana. Et il faut avouer qu’imaginer Alison Mosshart en Kurt Cobain féminin a un certain charme.

Mais n’allez pas imaginer que The Dead Weather donne dans le grunge. Même si quelques influences blues sont indéniables, l’album tend plus vers un univers gothique. Non ! Ne partez pas, n’ayez pas peur ! Ce gothique là a du très bon. L’ambiance est sombre, mais quelle énergie… Le premier single issu de Sea of Cowards reflète très bien ce côté un peu sauvage. Die By The Drop offre des riffs de guitare et une batterie à bloc, et surtout les voix de Jack White et Alison Mosshart. Les Stooges n’ont pas à s’inquiéter, la descendance est assurée. Conscient de l’effet dévastateur pour les cordes vocales de ses fans, le groupe s’est permis de glisser un dernier morceau beaucoup plus calme, « Old Mary », comme pour autoriser un retour à la normalité.

Malgré une introduction un peu trop proche des White Stripes, tout fonctionne à merveille dans ce nouvel album. Le talent et l’efficacité de Jack White n’y sont sans doute pas étrangers, mais Alison Mosshart démontre une telle forme vocale que sa performance est la plus marquante. Le seul défaut de l’album est sûrement sa durée de 35 petites minutes. On aurait aimé crier avec eux plus longtemps.


Pierre Davis

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 02:36

La pépite de Pete Doherty

Pete Doherty a donné deux concerts surprises au Truskel, mardi et mercredi. Si l’Anglais a régalé son public en solo le premier soir, il a abandonné la scène à un ami pendant l’essentiel du second. En plus d’avoir du talent, le rockeur a aussi de très bonnes connaissances, Alan Wass est la véritable révélation de ce concert.

pete_doherty3.jpgAprès avoir traîné une réputation de déserteur de concerts (parfois à son insu, comme lors d’une panne de l’Eurostar), Pete Doherty est en train de se forger un talent de petit farceur. Deux mois se sont écoulés depuis sa représentation inattendue à La Flèche d’Or, et le leader des Babyshambles nous refait le coup dans une salle encore plus petite, le Truskel. Ambiance chaude dans ce bar où se sont tassés les fans deux soirs de suite.

La star est arrivée chaque fois avec une bonne heure de retard, mais a réussi à ravir ses fans. On peut reprocher tout et n’importe au chanteur, mais certainement pas son attitude sur scène (aujourd’hui). Proche de son public, Pete Doherty est en transe à chaque chanson, invitant les spectateurs à reprendre les refrains de ses tubes. On notera une différence notable entre chaque set-list depuis sa date à la Flèche, puisque seules What Katie Did et F*** Forever ont été entonnées les trois fois.

Doherty présente le nouveau Dylan

F_200502_february05_107601a.jpg Et en plus de ses concerts, Doherty avait réservé une autre surprise à ses fans ce mercredi. Si la salle était pleine grâce à son nom, il n’apparaissait qu’en simple « guest » d’Alan Wass, un de ses amis. Et quelle surprise. Mêlant folk, rock, et blues, les mélodies de Wass sont de vrais petits bijoux. Le jeune londonien alterne entre sa guitare et son harmonica, prenant parfois de sérieux airs de Bob Dylan avec sa tignasse frisée. Ajoutez à cela une voix similaire à celle du jeune Jagger, et des accords à la Oasis, et vous obtenez un régal de chanteur, très à l’aise lui aussi sur scène. Et même si pour le public présent, il ne faisait office que de première partie (plus longue pourtant que la seconde), les spectateurs ne se sont pas trompés en tombant sous son charme. Plus tard dans la soirée, alors que Pete Doherty chantait sa « troisième dernière chanson », Wass l’a rejoint, en entamant des duos guitare / harmonica qui ont terminé le boulot. Si Pete Doherty était la vraie star de ces deux concerts inopinés, la vraie surprise est bien Alan Wass.

Pierre Davis

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 02:28

Pete Doherty, le romantisme alcoolisé


Le buzz provoqué par la venue de Pete Doherty à la Flèche d’Or ne doit pas faire oublier le plus important : le leader des Babyshambles a assuré une prestation de haut vol, seul avec sa guitare, pendant un peu moins de deux heures.

3Pete Doherty est un génie. Si le personnage peut prêter à discutions, l’artiste met tout le monde d’accord. Et coup de chance pour les spectateurs de la Flèche d’Or ce lundi, c’est le génial auteur - compositeur – interprète qui est venu, reléguant le fantôme cocaïné au placard. En montant sur scène et en entamant Can’t Stand Me Now, un de ses premiers tubes avec The Libertines, le rockeur anglais a mis les choses au point d’entrée de jeu. Le public est déjà conquis et reprend les refrains avec son idole.


Mais l’idole en question reste un homme torturé. En témoigne l’alliage surprenant vin rouge / Guinness tenté entre les chansons. Mais il faut reconnaître que cet aspect a créé un lien entre l’artiste et l’assemblée. Pete Doherty est touchant, et dégage un romantisme hallucinant. Un romantisme un peu « sale », teinté de fumée de cigarette et de relents d’alcool. L’ambiance n’a rien d’extraordinaire, les 500 spectateurs présents (sur les 2000 qui faisaient la queue plus tôt) ont conscience que l’alchimie se crée, et une certaine intimité s’abat sur la Flèche d’Or.

Seules quelques chansons provoquent la liesse du public. Les plus connues, pas forcément les meilleures pourtant, Delivery, Albion, ou Fuck Forever l’emportent haut la main sur son pourtant très bon Last Of The English Roses.

Le chanteur s’amuse avec les premiers rangs du public. Il sert du vin, récupère quelques objets, signe quelques autographes entre deux morceaux, ou balance sa cigarette d’une manière détestable sur une groupie, mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime. Malheureusement, les meilleures choses ont une fin. Deux heures et vingt-quatre chansons plus tard, Doherty s’en va, laissant le brouhaha des commentaires prendre la place de ses refrains.

Pierre Davis

 

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 02:18

The RiTch Kids en technicolor au Scopitone

La scène électro-pop parisienne s’offre une nouvelle douceur avec The RiTch Kids. En concert hier soir au Scopitone, le duo a étalé un répertoire oscillant entre MGMT et The Ting Tings, teinté à l’occasion de touches un peu plus rock.

2485863287_1.jpgL’ambiance tamisée et obscure du Scopitone a été fendue de deux rayons de soleil hier soir. The RiTch Kids ont fait apparaître un univers enfantin, multicolore, et d’une bonne humeur enivrante. Visuellement, LaYtitia et Philipp en envoient déjà pas mal. Le glam gentillet du mâle au torse glabre au clavier défie l’exubérante tigresse à la guitare. Ils ne sont que deux sur scène, assisté par leur fidèle macbook, géré par Philipp. LaYtitia, elle, alterne entre guitares électrique et classique, danse, et s’amuse avec ses longs cheveux blonds. Un enthousiasme que le public ne leur a hélas pas rendu, sans doute tétanisé par le froid de l’hiver.


Il y avait pourtant de quoi s’enflammer. En plus du numéro de la jolie blonde, les rythmes sont très efficaces, et  faciles à suivre sans être simplistes, portés par deux voix très complémentaires. Lui plutôt grave, elle carrément aiguë, avec des sonorités se rapprochant de Vanessa Paradis. Navigant entre la mélancolie (Don’t Lie, ou Jealousy à l’intro rappelant fortement celle des Stones sur You Can’t Always Get What You Want), et la joie presque hystérique (Let Me Be, et surtout l’excellente reprise de Children Of The Revolution de T-Rex réarrangée en pop jouissive), The RiTch Kids ont essentiellement assuré des morceaux très « aériens », dignes de MGMT  et Julian Casablancas (Not Enough, Up & Down) ou des Ting Tings avec une grosse caisse très présente (I Don’t Want To Go Out).

Après avoir ouvert la scène des Ting Tings justement au festival d’Arras, le duo continue d’illuminer les nuits parisiennes. LaYtitia et Philipp seront le 5 février à La Flèche d’Or, avec un public plus nombreux et sans doute plus enclin à apprécier la richesse du répertoire des RiTch Kids.

Pierre Davis

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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 20:22

Julian Casablancas s'échappe des Strokes

En plus d’être beau, Julian Casablancas a du talent à revendre. Dans Phrazes For The Young, son premier album solo, le chanteur des Strokes ne se défait pas de la touche du groupe. Mieux, il apparaît évident que c’est bel et bien lui, en père fondateur, qui détient le secret de la bande.
L’attaque est violente. Out Of The Blue est un affrontement entre des riffs de guitare électrique déments et des petites notes de synthé pour modérer. Oui, du synthé. C’est la grande différence entre les différents opus des Strokes et Phrazes For The Young. Casablancas a inséré un clavier à la MGMT , franchement agréable et très aérien. On le remarque notamment dans 11th Dimension et Left & Right In The Dark, titres dans lesquels les synthés prennent le pas sur les guitares. Left & Right In The Dark bénéficie d’ailleurs d’une intro très lyrique, qui rappelle la musique du Roi Lion sur MegaDrive, ou plus récemment (ou presque) le circuit Rainbow Road de Mariokart 64. Retour dans les 90's aussi en écoutant River Of Brake Lights. Véritable mix de Juicebox (des Strokes) et de Lose In My Favourite Game (des Cardigans). Malheureusement, le plaisir est coupé trop brusquement, avec une fin de titre qu’on ne voit vraiment pas venir, qui en est presque frustrante.
Mais cette précipitation est sans doute pour marquer la scission avec 4 Chords Of The Apocalypse, titre dans lequel le New-Yorkais se la joue quasiment à la Bill Withers, jonglant avec une mélodie très douce, et sa voix mélancolique. Encore une nouveauté donc, finie la voix traînante, quasi flemmarde de tristesse, Julian Casablancas s’attaque à la mélancolie. Avec brio qui plus est. Une caractéristique que l’on retrouve dans Ludlow St. et Glass, sortes de petites ballades.
Toutefois, la perfection n’existe pas. Tourist est le seul morceau décevant de Phrazes For The Young. Sans doute parce que Casablancas accentue cette voix traînante qui semblait avoir évolué, mais surtout parce les montées en puissance et dans les aigus ne sont pas dignes de lui. Cette capacité à pouvoir soudainement devenir énergique, dans Juicebox ou You only live Once par exemple, qui lui donnait une véritable signature vocale, est absente de Tourist. Le hic, c’est qu’il s’agit de la dernière chanson de l’album, ce qui peut laisser un goût amer.
Il ne faut toutefois pas noircir le tableau, Phrazes For The Young est excellent. En mêlant le rock qui faisait le charme des Strokes (post Room On Fire), et en y ajoutant quelques touches mélancoliques au chant et au synthé, Julian Casablancas mène à bien son projet d’escapade solitaire.

Pierre Davis

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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 20:11

Garance et Brams, Repose ta veste :

la chronique de l'album

Garance et Brams ont beau avoir deux personnalités très opposées (elle : hyperactive, lui : beaucoup plus posé), leurs musiques s'accordent sur un point. Derrière ce petit brin de fille et ce grand bluesman, se cachent deux êtres emplis de questions, plutôt torturés, mais tous deux d'une grande sensibilité bien camouflée. 

Dans Repose ta veste, leur premier album, les deux guitaristes se dévoilent pudiquement, mettant sur table de mixage leurs déboires amoureux, et expriment leurs doutes avec une grande simplicité. Les mélodies et les textes se marient à la perfection, donnant presque l'impression à l'auditeur qu'il écoute un ami lui faire des confidences.

A croire qu'ils jouent au chat et à la souris, Garance et Brams se renvoient la balle d'un titre à un autre. Cet échange est incarné par le seul véritable duo de ce premier opus : Passe la musique. Les deux musiciens donnent vie à une situation assez courante : un couple qui rompt. Mais les mots prononcés sont tellement justes, et la mélodie tellement poignante, que la situation devient exceptionnelle, comme si plus rien ne pouvait détourner nos yeux de ce couple qui s'entredéchire. Séparément, dans J'ai changé les draps, la petite parisienne joue la fêtarde qui se repentit pour tenter de sauver les meubles avec son amoureux, avant de l'envoyer "se brosser", en femme indépendante qui n'est pas près de changer pour un homme. Le ton cynique porté par une mélodie très rythmée et enjouée, offre un caractère assez drôle à la chanson. Mais soudain, surgit Brams, le playboy qui enchaîne les conquêtes, en les marquant d'"une entaille dans le bois de [son] lit". Le rythme se veut plus mélancolique. Se rapprochant sérieusement d'un blues. Une entaille met en exergue la sensibilité du chanteur, apeuré de s'engager dans quelque relation sérieuse que ce soit, mais qui finit par céder à ses sentiments malgré les remontrances qu'il essaye de formuler à cette fille d'un soir.

Vous l'avez compris, Passe la musique est le seul vrai duo du duo. Il arrive parfois que l'un accompagne l'autre à la guitare, ou que l'autre assure les chœurs de l'un, mais chaque chanson appartient à son interprète (qui en est aussi l'auteur-compositeur). C'est peut-être bien ça qui fait toute la beauté de Garance et Brams. Un affrontement perpétuel pour savoir lequel touchera le plus le public, malgré deux styles très différents, mais qui s'équilibrent parfaitement. De la balade (La pluie tombe), de la chanson (Hermione), du blues (Je tire), de la joie (Le toit d’en face), du doute (James Dean), et parfois de la tristesse (Arrête cinq minutes), Repose ta veste offre un panel d'émotions impressionnant à l'auditeur. Ce qui ressort globalement de ce disque est la peur de l'amour qu'éprouvent les deux Châtelleraudais. Ils risquent donc d'être terrorisés dans un avenir très proche.

 

Pierre Davis

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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /Sep /2009 00:46

Revue de presse : semaine du 16 juin 2008


Difficile de passer à côté du football en ces jours de coupe d’Europe, mais dans le foot il n’y a pas que le ballon. Rico Rizzitelli passe en revue les derniers ouvrages footballistiques  dans les très croustillantes pages « Culture foot » du magazine So Foot. Le journaliste italien en profite pour stigmatiser l’inutilité de Sexus footballisticus, de Jérôme Jessel, sorte de recueil des histoires coquines impliquant les footeux. So Foot est pourtant très friand de ces futiles histoires. C’est le côté consensuel du livre qui semble déranger Rizzitelli, puisqu’il en recommande l’achat aux « catholiques de droite ». Du sexe, il y en a eu également au cinéma avec la sortie de Sex and the city le 28 mai. Fabrice Leclerc, rédacteur en chef de Ciné Live exploite l’attitude de la production (HBO a caché le film jusqu’à sa sortie) pour mettre en avant la difficulté du métier de critique de cinéma. Ce même Fabrice Leclerc continue de geindre dans son édito en nous annonçant un été cinématographique pourri. Pourtant, 2 films semblent nous lancer dans une bonne humeur estivale. Christophe Chadefaud en pince pour la voix off d’Alain Chabat dans La Personne aux deux personnes, à l’affiche demain, et pour Seuls two, en salles la semaine prochaine. A le croire, Eric et Ramzy signent un véritable chef d’œuvre pour leur première auto réalisation. Sur notre lancée des grands de la culture française, n’oublions pas Lorie, qui a dévoilé sa dernière chanson sur internet. Ce futur tube à n’en pas douter n’est pas passé outre les oreilles acerbes de Myriam Perfetti de Marianne. La bien pensante des pages culture de l’hebdo s’amuse de l’évolution de la chanteuse. D’abord chanteuse préférée des 8-12 ans, Lorie s’attaque maintenant « à la face nord de l’anatomie » avec une chanson sur la sodomie. L’été sera chaud… En musique toujours, Le Point dresse le portrait de 2 groupes très rock sur le retour : Kiss et Iron Maiden. Tous deux passent à Bercy, ce soir pour kiss, début juillet pour Iron Maiden. Sacha Reins ose dans son article une comparaison qui offusquera les puristes : Kiss, Iron Maiden, et les Rolling Stones. Les premiers menaçant soit disant le monopole des derniers sur le « rock de vieux ». Télérama préfère visiblement le rock de jeunes, et offre sa une à MGMT, révélation rock 2008 pour l’hebdo parisianisme. Hugo Cassavetti semble redécouvrir des sons des 70’s chez le groupe new-yorkais, mais aussi des touches plus électro, qui incitent le journaliste à voir ses protégés réinventer le rock. MGMT sera en concert aux eurockéennes de Belfort. Ca tombe bien, puisque Télérama nous livre également son guide des festivals à ne pas manquer cet été. Le magazine en profite pour rappeler sa tendance éditoriale, de gauche, et fan de rock. Comme le prouve l’engouement que suscite le passage de Rage Against the machine au festival Rock en Seine. Les américains agités seraient particulièrement démonstratifs sur scène, spécialement en cette année d’élection, avec un message militantiste très fort.

 

Pierre Davis

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /Déc /2008 02:47

Garance et Julien Brams : deux guitares, un cuir et des talons


Bien loin de la notoriété de la sortie du dernier Souchon, Garance et Julien Brams enregistrent leur premier album, après avoir sillonné les quelques bars de la capitale qui laissent une scène ouverte à la chanson française.


« Un café crème à Paris ». Les premières paroles d’Hermione résument la sensation que le public ressent après avoir écouté Garance et Julien Brams. De l’amertume et de la douceur. Deux sentiments contradictoires, pour deux personnalités opposées. Elle, petit bout de femme de 22 ans, un mètre cinquante, se plaint de ne pas trouver l’amour, d’un air très « Bridget Jonesien ». Lui, 24 ans, grand rocker d’un mètre quatre-vingt-dix, chante la solitude et le mal-être.

Entre malaise et hilarité

Le public oscille entre malaise et hilarité. Le moment le plus poignant est sans conteste le Je tire de Julien Brams, récit d’un jeune homme qui tente de se suicider en se tirant une balle dans la tête. Le morceau devient quasiment dramatique quand on sait que l’artiste raconte la vie de son frère. Mais immédiatement, Garance se charge de remonter le moral des troupes avec son James Dean, homme qui la fait rêver avec des « chaussures italiennes » et un « regard perçant », mais avec lequel elle ne se voit vrai ment pas passer le restant de ses jours.

La guitare sèche des grands standards

A part fantasmer sur La voisine de palier, et faire le Gigolo, Garance et Julien Brams trouvent le temps d’écrire et composer leurs chansons eux-mêmes. Ils s’inspirent de la vie de tous les jours, d’une rencontre au coin d’une rue, ou de blessures qui restent. Ce côté vécu facilite l’écoute de leurs morceaux. A base de guitare sèche, et parfois de basse et de batterie, leur musique rappelle les grands standards de la chanson française de Brassens à Voulzy, en passant par Souchon. Dans Take me, Garance ne veut pas prendre le train avec son homme, mais nous, on veut bien prendre le leur.


Pierre DAVIS

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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /Déc /2008 02:42

la politique de la rixe


Le paysage politique français se déchaîne. Alors que le PS s’adonne aux joutes du congrès de Reims, l’UMP se divise, le FN ne s’entend pas, et le PC se bat dans le peu de vie qui lui reste.


Le PS se la joue casse-brique. Et c’est Jack Lang qui s’y colle pour détrôner Ségolène Royal. Le roi de la techno parade reproche à dernière finaliste de l’élection présidentielle de ne pas avoir « réussi à rassembler ». A l’heure de choisir le premier secrétaire du parti, les bisbilles internes pourraient le tuer. Royal s’isole, Aubry persiste, Delanoë est anti-Royal mais pas pro-Aubry, et Hamon espère profiter de la lutte pour passer en force. Un grand n’importe quoi, qui pourrait déboucher sur un grand rien du tout, et pousser les socialistes à une « cohabitation interne très périlleuse » selon François Hollande.

A l’UMP, l’affrontement Sarkozy-Copé devient une affaire de famille. Le fils du président de la République, Jean Sarkozy s’est déclaré favorable au droit de vote des étrangers extracommunautaires aux élections locales. Une ouverture trop forte pour le chef de file des députés UMP qui a immédiatement montré sa réticence à ce projet. Pour le maire de Meaux, le droit de vote en France est « indissolublement lié à la nationalité française ». Rappelons quand même que les ressortissants européens peuvent déjà voter aux élections municipales et européennes.

Des élections européennes qui divisent le FN. Carl Lang n’accepte pas la candidature de sa vice-présidente, Marine Le Pen, dans le grand Nord-Ouest. L’ancien secrétaire général du Front National ne se fie pas à la benjamine des trois filles du grand patron, en qui il n’a « aucune confiance, ni politique, ni humaine ». Carl Lang prend le risque d’une expulsion du parti, puisque selon lui, Marine Le Pen « élimine systématiquement, depuis 2003, tous ceux qui ne font acte d’allégeance à sa personne ». Marine Le Pen se défend d’empiéter sur un territoire gardé, et se contente de regretter la réaction « décevante d’un homme dont la devise était honneur et fidélité ». Deux listes d’extrême droite dans le Nord, voilà qui devrait inspirer les supporters parisiens pour une nouvelle banderole.

Enfin, le PCF soubresaute face au PDG de Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite réunir toutes les forces de gauche qui ne se reconnaissent pas dans le PS, dont le NPA. Face à cet affront, Olivier Dartigolles, porte parole du PCF, s’est empressé de qualifier Olivier Besancenot de « sectaire » pour empêcher cette alliance.

Si l’union fait la force, alors la politique française est bien faible.

Pierre DAVIS
Par Pierre Davis - Publié dans : Politique
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Pierre DAVIS

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