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Garance et Julien Brams : deux guitares, un cuir et des talons
Bien loin de la notoriété de la sortie du dernier Souchon, Garance et Julien Brams enregistrent leur premier album, après avoir sillonné les quelques bars de la capitale qui laissent une scène ouverte à la chanson française.
« Un café crème à Paris ». Les premières paroles d’Hermione résument la sensation que le public ressent après avoir écouté
Garance et Julien Brams. De l’amertume et de la douceur. Deux sentiments contradictoires, pour deux personnalités opposées. Elle, petit bout de femme de 22 ans, un mètre cinquante, se plaint de
ne pas trouver l’amour, d’un air très « Bridget Jonesien ». Lui, 24 ans, grand rocker d’un mètre quatre-vingt-dix, chante la solitude et le mal-être.
Le public oscille entre malaise et hilarité. Le moment le plus poignant est sans conteste le Je tire
de Julien Brams, récit d’un jeune homme qui tente de se suicider en se tirant une balle dans la tête. Le morceau devient quasiment dramatique
quand on sait que l’artiste raconte la vie de son frère. Mais immédiatement, Garance se charge de remonter le moral des troupes avec son
James Dean, homme qui la fait rêver avec des « chaussures italiennes » et un « regard perçant », mais avec lequel elle ne se voit
vrai
ment pas passer le restant de ses jours.
La guitare sèche des grands standards
A part fantasmer sur La voisine de palier, et faire le Gigolo, Garance et Julien Brams trouvent le temps d’écrire et composer leurs chansons eux-mêmes. Ils s’inspirent de la vie de tous les jours, d’une rencontre au coin d’une rue, ou de blessures qui restent. Ce côté vécu facilite l’écoute de leurs morceaux. A base de guitare sèche, et parfois de basse et de batterie, leur musique rappelle les grands standards de la chanson française de Brassens à Voulzy, en passant par Souchon. Dans Take me, Garance ne veut pas prendre le train avec son homme, mais nous, on veut bien prendre le leur.
Pierre DAVIS